UT4M 2015

 
        Le jour n'est pas encore levé , et j'ouvre les yeux. Aujourd'hui, c'est ZE jour! Ma course, mon pèlerinage annuel autour de ma ville de Grenoble, via les sommets qui la surplombent. Aujourd'hui, c'est l'UT4M.Il fallait que j'en sois . Malgré un entraînement plus que chaotique, en tout cas très insuffisant. Cette satanée cheville ne m'aura laissé aucun répit depuis ce début d'année. Ni le repos, ni les médicaments, ni les incantations en dansant tout nu autour d'un buisson une nuit de pleine lune n'auront réussi à me rendre ma cheville telle que je l'avais toujours connue . Du coup, maintenant, j'ai une cheville en mousse. À ceci s'est rajouté une coupure de 12 jours dans l'entraînement spécifique, pour faire le tour de la Suisse en tandem . Pas le mieux, alors que l'on doit courir 160km un mois plus tard, mais bon, ça me tenait à coeur. Dans la vie, il faut savoir faire des choix, et j'ai choisi de tout faire. Bref, je me réveille tranquillement, et j'ai bien dormi . Aucun stress. Ben non, quand on sait que l'on ne va pas "performer, il n'y a pas de pression, donc on dort bien! 
J'ai tout préparé la veille, vu que j'ai décidé de finalement prendre le départ l'avant - veille.Je suis allé chercher mon dossard au....palais des sports! Car cette année, l'UT4M à pris ses quartiers au palais des sports. La classe. Plein de stands, où il fait bon flâner. Plein de monde, des visages familiers dont....mon Colonel et sa femme!!!et oui, mon Colonel, je suis bien là..Jean Baptiste et Nicole , Marc, Jérôme, un tas d'autres que je connais de vue.L'ambiance est à la fête ! Un coucou à Valérie de l'organisation, qui est, comme d'habitude, toujours à bloc!Des crêpes pour les cafards. Je récupère mon dossard vite fait, les bénévoles sont super-efficaces et agréables! Je dévalise le stand UT4M.Maxi bisou à Juliette, digne descendante de Valérie. Que vois je?On peut se faire décorer les ongles aux couleurs de l UT4M? Ma princesse, JB, Nicole, moi même...tout le monde a les ongles stylés par la charmante jeune fille, pour qui c'est une première dans l’Ultra distance de vernissage!Briefing de mister "Ze Boss " Accarier. Pas besoin de vêtements chauds. Déjà les cafards ne tiennent plus en place, et je dois me contraindre à zapper la conférence sur l Ultra qui suit et à regagner mes pénates.
Une nuit pas trop mal, donc, et me voilà sur la ligne de départ. Encore des serrages de pognes à tout va! Richard-le-Cocker est là, il participe au 40km Vercors. Julien Raillard enchaîne le 40km Vercors et le 40km Chartreuse. C'est vraiment bien pensé de la part de l'organisation de permettre aux coureurs de moduler selon leurs envies! Attention, "Carmina Burana"....GOOOOO!!!!!!!
C'est parti dans les rues de Grenoble. Et comme à chaque fois, dans l'euphorie du départ, on part TROP VIIITE!!!mais que c'est BOOON!!!Un coucou à Andy Bryant; Xavier, un collègue de travail de ma Douce m'encourage sur les grands boulevards. On attaque la montée vers Saint Nizier.Encouragements du team 3D :Thierry Lande et Christophe Simon. JE SUIS BIEN! !! La montée se passe régulièrement, je suis en mode souple .Étonnant...Il y a du monde . vraiment . Ça encourage dans tous les sens. L'événement prend de l'ampleur, et ça fait bien plaisir . J'arrive à la hauteur de Richard-le-Cocker qui me dit qu'il abandonne à cause d'une déchirure...La Tour-sans-Venin, avec Môssieur Frédéric Desplanches himself, en signaleur de luxe . C'est dire la simplicité du bonhomme. Respect. Jérôme aussi est là, qui encourage. Nicole , qui suit son JB, m'annonce rapide. JB un peu en retrait. Remy Marcel ze Ultra coach prends de mes nouvelles en faisant quelques foulées avec moi...Les marches du tremplin de Saint Nizier, où Ultra-Taon (c'est le super héros Marvel de chez les insectes. .) me poinçonnera le haut du mollet gauche.La vue est sublime . Le ravito se rapproche, ambiance de folie.J'atteins rapidement le Moucherotte, et sa vue à tomber (quoi, on va éviter...).Pas parti pour performer, mais juste pour finir, je fais une photo que je poste direct.Descente vers Lans, où je comprends qu'avec ma cheville en mousse, ça va être compliqué... Ravito.Super ambiance festive...Puis l'ascension vers le Pic Saint Michel. Sans soucis. Petite pause.Je regarde passer Marc. Ah? Départ prudent, car, avec son super niveau actuel, je l'aurais cru loin devant. "Ça va? " lui:"oui, oui...Maintenant la descente. Cheville moisie. Aïe. Je cours sur les côtés pour me laisser doubler.Je suis en mode "Grand Père a oublié de desserrer le frein à main ".Pas grave, l'essentiel étant d'arriver en bas en un seul morceau. Rallier le sublimissime col de l'Arc ne sera déjà pas de la tarte, avec quelques tordages bien sentis! Pour ce qui est de la descente sur Saint Paul de Varces, très longue, très belle, mais très casse -g..., ce ne sera pas du gâteau! Heureusement, Sylvie ( madame le Colonel) , sera en bas, signaleuse de choc pour m'encourager. Xavier de Districycle Seyssins est là aussi.Saint Paul de Varces et sa fontaine. On se bouche le nez et on plonge la tête!!!!car il fait une chaleur de folie. Déjà elle met à mal les organismes. Pas le mien . J'ai l'avantage de bien résister aux températures extrêmes. ..Nicole me dit que JB est juste derrière. En bon descendeur qu'il est, j'ai été étonné de ne pas le voir me dépasser en trombe dans la descente. Ah!Le voilà qui arrive. Pas au mieux, visiblement... Direction l Uriol. JB décroche. Même la descente ne lui a pas réussi.La montée de l Uriol sera bien compliquée. ...comme d'habitude, ai-je envie de dire! Petit passage à vide, accentué par une fiole de guarana. L'Uriol qui me fracasse, c'est un classique. Le cerveau dans le sac à dos, les dents serrées, je finis par arriver en haut .YEEESSS!!!!La descente, pas technique m'ira bien.Un attroupement. Un traileur à terre, blanc comme un linge. Je prends des nouvelles de la situation. Coup de chaud,.Il est pris en main , alors je trace . j'indique aux secours que je croise, que leur patient est bien plus haut et qu'il leur faut monter encore en camion. Je finis par rallier Vif . Thierry m'accueille à l'entrée du ravito. Ça fait plaisir. Je viens de m'envoyer un massif, et je ne suis pas (encore ) trop esquinté. Restent trois autres.Et pas des moindres.
        je repars de Vif bien refait physiquement par le ravito, et psychologiquement par mon pote Thierry et les bénévoles. Ils ont été aux petits soins, et tout, et tout. ..Je repars en marchant, puis en "moursant "(mix simultané de marche et de course, et enfin, en courant. Un peu. Pas longtemps. Le Grand Brion dont il faut "enjamber " le contrefort. Ensuite? Saint Georges de Commiers!Mon patelin! Montée de la Peyrela, où mon voisin me salue et m'encourage depuis sa voiture, puis je toque à la vitrine de la coiffeuse Christelle, vu que je lui avais promis un coucou en passant! ! Enfin, comme chaque année, je passe devant chez moi, où mes cafards viennent à ma rencontre. Mi Padre El Viejo, ainsi que ma mère sont là!Ça me fait un bien fou de les voir! Je recharge en eau à la fontaine, je mouille la casquette et la tête, et je repars.Et là, alors que je sais le planning de ma Douce verrouillé, et qu'il lui a été impossible de le faire, je vois une banderolle "Allez Christophe! Allez Korb! " sur le grillage de mon jardin! L'ascension du Col de Lachal se fera sans mal.Connaissant parfaitement cette montée, j'en profite pour encourager les autres et leur décomposer la côte, comme j'aime bien le faire pour moi.L'an passé, j'avais dû faire une pause, tellement j'étais mal...Descente vers Laffrey sans mal, en suivant Joël, un coureur qui discute en espagnol. Ravito de Laffrey, rapide , mais très chaleureux avec le super accueil du chef de poste qui est... Saint Georgeois! Maxi bise!Bout de Powerbar noix de coco (une tuerie! ), et en avant pour l'Alpe du Grand Serre! Au bord du lac de Laffrey, je tombe sur mon "Chef Vénéré " (il se reconnaîtra!) qui promène son chien en regardant passer la course. Je lui dis que tout va pour le mieux, que je ne suis pas dans le dur...et je trace! Jusqu'à la Morte, je suis super bien! Je discute avec plein de jeunes coureurs super sympas! Une minette toute mignonne, tout sourire et qui, mine de rien, avance pas mal! Je me demande comment s'est passé sa course, d'ailleurs...La dernière montée ne me fracasse pas trop . J'ai le smile quand je vois les bénévoles qui m'annoncent la suite: descente et ravito!Mon mot d'ordre intérieur depuis le début de la course est de courir sur MON rythme.Peu importe qui me double, ou qui je double.Je suis le conseil que m'a donné Seb Chaigneau à la soirée "UT4M sous les étoiles ": faire sa course pour soi, sans chercher à suivre les autres . J'arrive donc pas trop cramé à la Morte. Ravito très sympa et très efficace! Les bénévoles sont au top!Mais je sais que le plus dur arrive, avec l'ascension du Pas de la Vache. En fait, le pas de la vache ne sera pas "si pire que ça ".L'organisation à placé des petites lanternes à alcool le long du chemin.Entre ça, la lumière tombante de la nuit qui approche, et des vallées qui s'illuminent en contre - bas, c'est juste...magique. Chapeau aux bénévoles postés là haut . Dans la descente vers le Poursollet, j'essaie juste de ne pas me vriller la cheville, vu qu'avec le Taillefer, on est sur du technique! Toujours ce passage vallonné avant le ravito. Ah! Ravito! Un vin chaud, où le vin est remplacé par du jus de pomme. Trop bon . Là, je m'attends à la fameuse descente du Poursollet vers Riouperoux. ...et bien non! Ça m'apprendra à faire ma feignasse, et à ne pas bachoter le parcours! La minette du ravito m'annonce, tout en me servant mon Coca, avec le smile, qu'il reste.....Le Lac Fourchu! Soit 11km et 400d+...Une heure me dit-elle.... Hem. ..certainement, si j'avais pris mon VTT!Alors , autant le Lac Fourchu de jour c'est super sympa, autant la nuit, c'est piegeux à souhait !Splitch, splotch, font les baskets autour du lac..Aïe fait Korb en se tordant la cheville tout plein de fois. ..C'est long, ça paraît sans fin.. jusqu'à ce que ça finisse. Et qu'après avoir salué les bénévoles au raccord des deux descentes, je reparte de plus belle dans LA FAMEUSE DESCENTE DE RIOUPEROUX! !!Celle qui casse plus de fibres que Jean Claude Van Damme ne casse de briques ! (En même temps, c'est vrai qu'il ne casse pas des briques. ..) On est dans le-top-5-mondial-de-Korb-de-l'interminable! Je fais surtout attention à ma cheville, histoire de ne pas me rétamer à une poignée de kilomètres du buffet. ..Ça serait dommage! Ça y est! Et non, je ne suis pas tombé! J'ai juste les muscles cuits à point! Quand j'arrive à Riouperoux, je suis bien attaqué. ...Je récupère mon sac, je m'organise.Et comme je n'ai plus les idées très claires, je m'embrouille, et mon petit bazar me prend un certain temps...Je m'allonge en salle de repos. Mais ce sera très bref! Entre le gars qui fait scritch-scricht en farfouillant dans un sac plastique, les sonneries des réveils à tout va, et les bénévoles qui applaussisent et scandent le nom des coureurs quand ils arrivent ou repartent, je n'ai aucune chance de trouver Morphée.Pas grave.De toute façon, ce sont mes guibolles qui hurlent de désespoir et de douleur.Je viens de réussir à passer le deuxième massif. Il est plus que temps de se mettre en route pour le troisième.
        Je me décide donc à repartir de la base de vie de Riouperoux, pas reposé...tant pis.Et c'est alors que je percute: la montée jusqu'à l'Arselle n'est plus la même que les autres années. Maintenant c'est le kilomètre vertical qui a été courru le jeudi. Encore une fois, j'aurais dû réviser! Car ce KV va sérieusement me toncher. Physiquement et mentalement. Mentalement, car ne le connaissant pas, je n'en vois pas la fin.Un coureur m'annonce qu'il reste 400mD+.Un peu plus tard, un bénévole en treillis m'annonce 700mD+...La gentille bénévole presqu'en haut encourage pour les 150 derniers mètres. Des cordes pour se hisser. Des dalles glissantes . Un dernier bénévole qui a placé un mini haut-parleur qui crachote de la musique .Ahhhh!!!!EN HAUT!!!! Le jour s'est levé. Sur les deux autres éditons de l UT4M, au lever du jour, j'étais de l'autre côté de Belledonne. Je zieute mes textos. Un de mon pote David, qui me dit que les profiterolles dont nous avons parlé se rapprochent...mais oui, mon David!Il ne me reste plus que.....l'autre moitié du parcours à m'envoyer!!! J'arrive au ravito de l'Arselle avec un mec qui s'appelle Christophe. Beau prénom. On trace à deux jusqu'à la Croix de Chamrousse, non sans mal . Mais au moins, être de jour a cet avantage de laisser voir où l'on met ses pieds! Et quel panorama! Belledonne se montre sous la chaude lumière du matin...juste sublimissime! Croix de Chamrousse, donc, où le médecin de course me regarde d'un air inquiet. J'ai l'air pourri, comme ça, mais je peux encore avancer!Une soupe de pâtes et ça repart! Direction le refuge de la Pra. Je ne voyais pas ça aussi loin! Je suis fracassé, et Christophe appuie pas mal!Pour moi, la topographie de Belledonne est un calvaire! Je rame sévère. Nous évoluons de lac en lac, tous aussi somptueux les uns que les autres. Mais qui est ce? Andy Bryant! Ce génialissime photographe, véritable pince-sans-rire (british sense of humor), est venu crapahuter jusqu'ici pour shooter les coureurs. On finit par rallier le Refuge de la Pra. Plein d'eau, trempage. Pfff...reste le Grand Colon, et le soleil commence à cogner pas mal. Un dernier lac dans Belledonne , avant d'attaquer la grimpette fatidique. C'est archi-cuit que j'arriverai en haut .Je ressens vraiment le manque d'entraînement.Comme dirait Seb Chaigneau, je "passe à la caisse ". La descente vers Freydière sera in-ter-mi-nable! Et pourtant j'essaie de dérouler !D'abord rocailleuse et engagée , la descente devient forestière, puis de la piste, et enfin de la route. Freydière . Yes.Nicole est là, qui attend Jean Baptiste. Il est à la croix de Chamrousse. Il s'accroche. Bien, mon J-B! Un ravito et ça repart! Peu après être parti, une voix que je connais, qui m'encourage : c'est Karine! Elle est montée en courant, à ma rencontre.Du coup, nous faisons la causette tout en descendant. Ça, c'est vraiment super! Elle est top, cette nana! On arrive à la Combe de Lancey, où elle me laisse poursuivre ma route seul. De là, une descente tranquille, quoique parfois un peu gadouilleuse m'emmènera jusqu'au Versoud. À partir de là, je sais que ce sera le plat de folie jusqu'à Saint Nazaire les Eymes. Heureusement, les bénévoles sont adorables, elles ont préparé du sirop de groseille! Mmmmm. ...Grâce à cet élixir , j'arriverai sans encombres à Saint Nazaire les Eymes! Et 3 massifs de faits!
        La base de vie de Saint Nazaire les Eymes est au top.Les coureurs sont accueillis dans une ferveur qui n'a d'égale que l'empressement des bénévoles à satisfaire nos besoins, nous CHOU-CHOU-TER! Soupe de pâtes, compote . Je suis déchiré. Je ne me vois pas du tout m'envoyer un quatrième massif! Mais craquer ici serait vraiment rageant. Pas moyen. Ni une, ni deux, je me remets en route pour la Chartreuse. La moindre petite pente me fait faire des "aïe!" et des "ouille!"....et des "oh, p****n!" Ça, c'était juste pour sortir de la salle!!! Les vrais ennuis commencent au pied du Col de la Faita.Un mur.Mais c'est quoi cette pente?!! Je ne comprends pas tout au tracé, mais bon, le balisage est toujours aussi top et m'emmène sur le chemin, long et raide du Col de la Faita . Longtemps, je serai seul . C'est la fin d'après midi, le soleil commence à se cacher. Quelques coureurs de parcours plus petits me rattrappent.Quand je suis bien plus haut, ce sont ceux du 160km, dont Miss Adam, toute souriante.Il faut se rendre à l'évidence : JE RAME!En plus, je commence à avoir de belles hallucinations! Une nana brune aux cheveux longs, enterrée jusqu'à la taille? !! Des chiens, des chats...C'est le festival du cerveau en folie! Un coureur m'annonce 2mn avant le Col.Au bout d'un quart d'heure, je ne serai toujours pas en haut! Il y a un papy, qui accompagne un coureur dont il est voisin.Lui, m'annonce 5mn avant le Col.Le temps passe, pas de Col....Soudain, j'entends, puis je vois quelqu'un qui sonne du clairon. ....c'est. ....c'est...mon Colonel!! Il est en mode fou-fou, il prend des nouvelles, m'encourage (à sa manière!!!)
.Il me donne des nouvelles de Richard-le-Cocker : alors qu'il abandonne sur blessure à la Tour sans Venin, il rentre chez lui, à Vif, en courant!!? Quelques nouvelles du Habert de Chamechaude aussi , où ma Douce, bénévole cette année , m'attend. Car, bizarrement, ma batterie de téléphone, pourtant chargée, m'a lâché un peu après Riouperoux. La montre Gps Suunto, prêtée pour l'occasion n'aura pas connu un meilleur sort.Pas d'heure, de distance..rien...
Bon, il arrive quand, ce col?!Mon impatience légendaire commence à prendre le dessus. ..aïe, aïe, aïe...On arrive au col.Puis, montée pour rejoindre les alpages, descendre pour remonter. Ah la vache, c'est super long . Quand je pense au Sappey, l'an dernier, où nous avions tournicoté comme des fous, je n'ai qu'un truc en tête :j'veux pas y aller!!!Mon Colonel, me dit que si, je DOIS y aller! Que ce n'est pas le moment de fléchir, soldat!Nom de D***!!!Bon, on verra bien le moment venu. Enfin le Habert! Je suis reçu comme un Killian sur une course au saucisson! Ma Douce, le Colonel et sa femme, Romain et sa pastèque magique et heu...desolé pour les autres, mais au vu de l'amoindrissement de mes facultés cognitives, il m'est hélas impossible de me souvenir de vos prénoms.Le Colonel me remplit mes gourdes, pendant que ma Douce me dit que si je suis vraiment trop mort, c'est le moment ou jamais d'abandonner. Deux choses : premièrement, dès le Dimanche, nous partons en vacances en famille. Si je coule une bielle ici, je vais être d'humeur massacrante. Entassés à 4 dans un camping car, ça promet d'être chaud-chaud! Deuxièmement, abandonner ne fait juste pas partie de mon vocabulaire de coureur. Même si je ne m'imagine pas monter au sommet de Chamechaude, et encore moins en redescendre, au vu des hallucinations qui sont les miennes, je me remets en route. Le faux plat pour rejoindre la cabane au pied du Col, qui, d'habitude, me paraît super-fun, me semble alors interminable! Que dire de la montée de Chamechaude? ....La vue magnifique sur les lumières de l'agglomération? Yes, c'est vrai. Avec le shoot aux endorphines, c'est encore plus beau. La raideur de la pente? Yes.Ça aussi.Je commence à avoir les yeux en mode "warning".Ça pourrait devenir limite dangereux .Un gel à la caféine .J'arrive en haut. Je n'en reviens pas moi même d'être parvenu à me hisser jusqu'ici. Pointage de dossard, et descente en mode soft&souple. Même la descente me paraîtra longue .Mais pas autant que le chemin qui nous emmène au Sappey en Chartreuse. Je suis doublé dès le début par Alizée Roux, miss "Fraise/banane " , qui, pour le coup, tourne à la bouffe "normale", me dit-elle.Elle trace.Et je vais rester seul longtemps.Je n'en vois pas le bout. Au moins, le parcours a changé par rapport à l'an passé!Lorsque que j'arrive enfin au Sappey, je sais que je vais être finisher. Restent le Fort du Saint Eynard: facile! Et le Col de Vence:super easy! Ravito rapide, façon pit-stop, avec des bénévoles super prévenants.Je repars confiant .Jusqu'à ce que je me rende compte qu'une fois encore, j'aurais dû réviser! Le tracé pour rallier le Fort du Saint Eynard à bougé. Et pas qu'un peu! On se retrouve sur une montée en forêt, à enjamber des arbres aux fûts démesurés, couchés à terre.Ce petit jeu façon Kho Lanta durera un bon moment. En même temps, c'est vrai qu'au beau milieu de la nuit, je n'avais rien d'autre de prévu! Encore plein d'hallucinations : des maisons là où il n'y a que des arbres... Quand je suis ENFIN au Fort de Saint Eynard, la vue est magistrale. Que c'est beau. Ensuite, dans la descente vers le Col de Vence, impossible de dérouler comme je le voudrais. Cette montée imprévue vers le Fort m'a fracassé les guibolles.La descente sera longue. Bien longue. Ravito du Col de Vence, rapide .Même la petite remontée vers le haut de la Bastille me paraîtra longue.En plus, une légère pluie commence à tomber.Sacrée montée.J'y verrai une fenêtre avec des gens à l'intérieur, là, où en fait, il n'y a.....qu'un panneau d'interdiction de faire du feu. Woaw! Je suis bien tonché, moi!Double coup de cul, prévus, ceux là! Et c'est là descente vers Grenoble! Je fais de mon mieux pour descendre au plus vite, mais ça ne marche pas terrible. La Bastille et ses escaliers. Séance de "Aïe! /Ouille!". Quand j'arrive en bas, je tombe sur une ligne jaune tracée à la peinture sur le sol. Il faut suivre la ligne! Cette idée est juste GÉNIALE! En avant pour une partie de jeu vidéo dans les rues du vieux Grenoble! YEEESSS! Droite, gauche, excellent! Ahhhrrrgggg!escalier en colimaçon pour monter sur le pont....ho-hisse!!!une nana m'encourage : c'est ma Douce! Elle court avec moi jusqu'à passer la ligne d'arrivée! !!!TOOOOP!!!J'ai réussi! Je suis finisher pour la troisième fois! Quasiment sans entraînement, et avec une cheville moisie, ce coup - ci! Mon objectif était juste de rallier la ligne d'arrivée et c'est chose faite! Le thé offert à l'arrivée par Yogi Tea me fera un bien fou!il faudra que je m'en achète une boîte! Je récupère mon sublime T-shirt Finisher.Je suis aux anges! Retour maison, deux heures de sommeil, vu que je commence à dormir. . . . sous la douche! Nous repartons ensuite au Palais des Sports pour assister aux podiums. Marc fait troisième V1.Chapeau.Je regarde les arrivées sur mon phone. Pas de nouvelles de JB.J'apprendrai via Facebook, plus tard, qu'il avait bien speedé sur la fin, au point de n'être qu'à même pas une heure de moi!Bravo à toi JB de n'avoir rien lâché! Bravo aussi à Alizée "Fraise / banane " Roux, à Carole Adam et à tous les autres "podiumeurs" et "podiumeuses".Bravo à ceux qui ont fini, mais aussi à ceux qui n'ont pu finir ce n'est que partie remise! ) Bravo à cette organisation, tellement proche de ses coureurs. Tellement carrée , tellement conviviale.Mais surtout merci aux bénévoles complètement impliqués dans cette aventure, investis de la plus belle et difficile des missions :être là pour que d'autres puissent réaliser leurs rêves. Vraiment, merci à vous! Je terminerai cette salve de remerciements par ceux qui m'ont supporté, dans tous les sens du terme : ma Douce et mes cafards ♡♡♡, Los Viejos, mon Colonel et sa femme☆☆☆, Brice et Tom d'Endurance Shop Échirolles, David, sa tribu, et ses profiterolles, Aude & Denis, Karine Laffont, Valérie Masson Cabanac & sa Juju, Jean - Baptiste et Nicole, mon Chef Vénéré , ma Cocotte38, FifiDumou, Thierry et sa smala, les Deb'Morfins, et encore tout plein d'autres que je zappe certainement! 
Pour nous, l'UT4M se terminera en apothéose, lors d'un somptueux buffet, offert par l'organisation à TOUS les acteurs de cette aventure .Avec, cerise sur le gâteau, un invité de marque à notre table en la personne de Luca Papi. Juste Excellent. 
UT4M, là où la magie se produit.